« Monsieur le ministre, permettez-moi d’insister sur l’investissement humain important que représentent les RASED, investissement dont il faut tirer le meilleur profit pour chacun.
Actuellement, les RASED travaillent auprès des 5 % des élèves les plus en difficulté. Leur problématique n’est pas celle d’une leçon mal comprise ou de quelques exercices ratés, mais de blocages résistants. Leurs progrès nécessitent un diagnostic précis et des prises en charge adaptées à travers des situations de réapprentissage ou de rééducation. Le recours à l’assistante sociale ou aux personnels du centre médico-psycho-pédagogique, que vous évoquez, existe déjà. Cependant leur intervention n’est pleinement efficace que s’il y a une passerelle pédagogique avec l’école. Jusqu’à présent, c’est le RASED qui assumait cette mission.
La réaffectation dans les classes de 3 000 maîtres de RASED que vous envisagez peut faire que les 100 000 enfants les plus exposés à l’échec scolaire seraient privés des aides spécialisées qu’ils reçoivent actuellement, car le dispositif des deux heures de soutien hebdomadaire ne peut remplir le même office.
Monsieur le ministre, au regard de l’enjeu pour ces enfants et pour les maîtres qui les accueillent, ne serait-il pas prudent de procéder d’abord à une expérimentation dans quelques départements pilotes afin d’optimiser les deux dispositifs d’aide aux élèves en difficulté scolaire, le soutien hebdomadaire que vous avez initié à la rentrée et le travail des RASED ? »
L’avenir de l’accompagnement spécialisé de la grande difficulté scolaire a fait l’objet de très nombreuses interventions venant de l’ensemble des bancs de l’Assemblée nationale.
Dans sa réponse à Mme Le MOAL, Xavier DARCOS a annoncé qu’il s’ « engage à procéder à une évaluation au cours de l’année scolaire 2009-2010 pour voir comment fonctionnent ces maîtres spécialisés au sein d’équipes de l’école primaire et si le système est efficace. Nous verrons alors comment poursuivre la réorientation des maîtres spécialisés sédentarisés », allant jusqu’à préciser que : « dès lors que nous sauvegardons comme itinérants les quelque 3 700 psychologues scolaires et les deux tiers des maîtres des RASED et que nous installons un tiers d’entre eux dans les écoles qui en ont le plus besoin, je pense que notre système sera plus efficace. »